La convention fiscale signée entre la France et l’Île Maurice est un outil clé pour les investisseurs et les résidents fiscaux souhaitant éviter une double imposition sur leurs revenus. En 2026, dans un contexte de surveillance fiscale renforcée, comprendre les avantages et les limites de ce traité devient essentiel. Ce guide complet vous explique comment optimiser votre situation fiscale tout en respectant les obligations légales, grâce à des cas pratiques, des données vérifiées et des conseils d’expert.

Pourquoi cette convention est-elle essentielle pour les investisseurs en 2026 ?

La convention de non-double imposition vise à empêcher qu’un même revenu soit taxé à la fois en France et à Maurice. Elle prévoit une répartition claire des droits d’imposition entre les deux États et permet, dans certains cas, de réduire les taux de retenue à la source. Pour les expatriés ou investisseurs, elle représente une opportunité d’optimisation légale et transparente.

Ce traité s’inscrit dans les standards de l’OCDE et reflète la volonté de coopération fiscale entre les deux États.

1. Champ d’application et impôts concernés

Quels revenus sont couverts ?

La convention couvre notamment :

Quels impôts sont visés ?

Les cotisations sociales ne sont pas couvertes par la convention. En France, elles peuvent continuer à s’appliquer sur certains revenus.

2. Élimination de la double imposition : comment ça fonctionne ?

2.1 – Le mécanisme du crédit d’impôt

Si vous payez un impôt à Maurice en tant que résident français, la France vous accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt mauricien dû, afin d’éviter une double imposition. Ce crédit est plafonné au montant de l’impôt français correspondant.

2.3 – L’exonération partielle

Dans certains cas (revenus de source étrangère avec application de l’article 24 de la convention), la France peut exonérer ces revenus tout en les réintégrant pour calculer le taux d’imposition applicable sur les autres revenus (exonération avec taux effectif).

3. Taux de retenue à la source et modalités pratiques

Type de revenuTaux sans conventionTaux avec conventionObservations
Dividendes12,8 %0 % ou 5 %Si participation > 10 % ou société mère
Intérêts15 %0 %Selon article 11 de la convention
Redevances33,33 %10 %Cas des licences, brevets

Pour en bénéficier, il faut :

Sans ces éléments, l’administration fiscale peut refuser l’application du traité.

4. Résidence fiscale, bénéficiaire effectif et lutte anti-abus

4.1 – Détermination de la résidence

Un contribuable est résident fiscal de l’État où il a son domicile fiscal, son foyer permanent ou son centre d’intérêts économiques. En cas de double résidence, la convention établit une hiérarchie :

  1. Foyer permanent d’habitation
  2. Centre des intérêts vitaux
  3. Lieu de séjour habituel
  4. Nationalité
  5. Procédure amiable entre États

4.2 – Bénéficiaire effectif : une condition essentielle

Le bénéficiaire effectif est la personne ou l’entité qui tire réellement avantage du revenu. Ce critère permet d’exclure les sociétés écrans sans substance, les entités interposées ou les structures artificielles.

4.3 – Le MLI (Multilateral Instrument) et les clauses anti-abus

Depuis 2021, la convention France–Maurice est modifiée par le Multilateral Instrument (MLI), signé dans le cadre du projet BEPS de l’OCDE. Il introduit notamment :

Exemple réel : une société holding mauricienne sans employés ni bureaux s’est vue refuser l’exonération sur des dividendes français par le Conseil d’État en 2023 (CE 3e-8e ch., 27 juin 2023, n°456711).

 

5. Scénarios concrets en 2026 : 3 profils, 3 stratégies fiscales

Cas 1 : Investisseur français créant une société GBC à Maurice

Cas 2 : Retraité français résident à Maurice

Cas 3 : Entrepreneur digital nomad

6. Le MLI en action : que change-t-il vraiment pour les contribuables ?

Le MLI renforce la transparence fiscale. Il impose :

Il faut donc revoir les structures anciennes qui reposaient uniquement sur l’avantage fiscal, sans justification économique concrète.

 

Foire aux questions (FAQ)

Comment savoir si je suis résident fiscal en France ou à Maurice ?
La convention prévoit des critères précis : lieu de séjour principal, centre des intérêts économiques, nationalité. En cas de doute, une procédure amiable peut être ouverte.

Quels types de revenus sont couverts par la convention France–Maurice ?
Dividendes, intérêts, redevances, salaires, pensions, plus-values, revenus d’entreprise. Chaque catégorie a ses propres règles.

Comment fonctionne le crédit d’impôt entre la France et Maurice ?
Il permet d’éviter la double imposition : si un impôt est payé à Maurice, la France en tient compte sous forme de crédit d’impôt, dans la limite de l’impôt dû en France.

Que se passe-t-il si je ne remplis pas les conditions de bénéficiaire effectif ?
L’administration peut refuser l’application du traité. Les revenus peuvent alors être imposés au taux plein en France (ex : 12,8 % ou 33 %).

Quel est l’impact du MLI sur la convention France–Maurice ?
Il introduit des clauses anti-abus : PPT, limitation des avantages, renforcement de l’exigence de substance économique et contrôle accru des structures passives.

Quels justificatifs dois-je fournir pour bénéficier des avantages conventionnels ?

 

Que se passe-t-il si vous ne respectez pas les règles ?

Conclusion

La convention fiscale France–Île Maurice constitue en 2026 un pilier stratégique pour sécuriser les flux fiscaux transfrontaliers. Elle permet d’éviter la double imposition, d’optimiser la fiscalité des revenus et de structurer légalement ses investissements. Toutefois, son application exige rigueur, transparence et respect des nouvelles normes internationales (MLI, substance, bénéficiaire effectif).

 

Ce guide ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Faites-vous accompagner par un fiscaliste international.

 

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